06 - 03
2012
Comme chaque année, je m'en vais prendre un bol d'air iodé sur les Planches à l'occasion du festival du film asiatique de Deauville... Festival convivial sans mondanités ni chichis où on se sent de plain-pied pour découvrir des films qu'on ne voit, pour la plupart, nulle part ailleurs. Immersion Asia J-1 : quel est le programme? On nous annonce un hommage à Kiyoshi Kurosawa avec une rétrospective de ses films et une Master Class du réalisateur qui aura lieu, comme les années passées, le samedi à 13h salle Lexington au CID. Un "Regard" sur le réalisateur thaïlandais Pen-Ek Ratanaruang dont avait déjà présenté en 2008 "Ploy", sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes 2007.
Le film d'ouverture cette année est également en compétition : un film Chinois "The Sun-beaten Path"de Sonthar Gyal. 9 films en compétition Asia dont le dernier Sono Sion : "Himizu" et davantage de films en compétition Action Asia (6) que les années précédentes, ce qui est une bonne chose, la section était auparavant un peu short. Deux compétitions, deux jurys, deux présidents, le réalisateur Elia Suleiman et l'actrice/réalisatrice Isabelle Nanty. Pourtant, un changement, pour ceux dont je suis qui auraient pris des habitudes... Il n'y plus de séances au Morny, tout est concentré entre le CID et le cinéma Casino et les films Action ne sont plus cantonnés au Casino mais sont également programmés au CID. En revanche, on a repris les séances de fin de soirée au CID, ce qui me convient assez bien.
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13 - 09
2009
Cari Joji Fukunaga prix du jury pour "Sin nombre" et JP jeunet, président du jury compétition
Impossible de prendre des photos du lauréat de cette 35° édition du festival du cinéma américain de Deauville, il était absent... Oren Moverman a pourtant obtenu le doublé pour son premier film "The Messenger" : le prix de la critique internationale et le Grand prix, réconciliant ainsi la critique et le jury palmarès. Idem pour Lynn Shelton obtenant le prix du jury pour "Humpday" qui n'avait pas pu revenir sur les Planches. En revanche, Prix du jury ex-aequo avec "Sin nombre", le réalisateur Cari Joji Fukunaga était présent (photo).
photo du film "The Messenger"
Deux films présentés à Cannes cette année sont au palmarès : "Precious" de Lee Daniels dont on pensait pour beaucoup qu'il obtiendrait le grand prix et "Humpday" de Lynn Shelton, présentés respectivement à la section Un Certain regard et à la Quinzaine des réalisateurs. En contre partie, "The Messenger"et "Sin nombre" sont des premiers films révélés par Deauville , si "Sin nombre" est distribué par Diaphana (le film sort le 21 octobre), le doublement récompensé "The Messenger" n'a pas encore de distributeur en France.
Pour ma part, je préférais "Precious", bouleversante chronique d'une ado de 16 ans à l'enfance et l'adolescence traumatique qui va trouver néanmoins le chemin de la résilience. "Sin nombre", récit de la collision entre l'exode d'un train d'émigrés en Amérique du sud et les gangs salvadoriens (Maras) du Mexique prenant le visage d'une histoire d'amour entre une jeune fille espérant arriver aux USA et le banni d'une Mara en cavale, était sans doute le film le plus novateur qui correspondait à la mission du jury révélation qui lui a préféré "Humpday" (le film sort ce mercredi 16 septembre). Très provovateur et in fine subtil et plus complexe qu'il n'y paraît "Humpday", comédie où deux amis décident de coucher ensemble sous l'oeil de la caméra pour créer un événement artistique au festival porno amateur Hump, a néanmoins une mise en scène classique néo-théâtrale. Enfin, on ne pourra trouver aucun défaut à "The Messenger" racontant le retour d'un officier d'Irak qu'on affecte à une mission un peu particulière pour finir son service dans l'armée : aller prévenir les familles des décès des soldats tombés sur le front sauf... qu'en évitant tout pathos, on reste un peu extérieur à une réalisation brillante avec un récit factuel un peu plat.
PS. Les critiques de ces films seront en ligne cette semaine sur www.cinemaniac.fr . On peut déjà lire mes notes sur "Precious", "Sin nombre" et "Humpday"
sortie 10 mars 2010/sortie 21 octobre 2009/sortie 16 septembre 2009
Grand Prix et Prix de la critique internationale : "The Messenger" de Oren Moverman
Prix du jury ex-aequo : "Precious" de Lee Daniels et "Sin nombre" de Cari Joji Fukunaga
Prix de la révélation : "Humpday" de Lynn Shelton
les deux jurys/le jury compétition et lauréat : JP Jeunet, Sandrine Kimberlain, Patrice Leconte, Cari Joji Fukunaga, Hiam Abbas, Dany Boon, Emilie Dequenne
jury compétition : Hiam Abbas, Dany Boon, Emilie Dequenne, JL Dabadie, Géraldine Pailhas, Deborah François/ JL Dabadie, Géraldine Pailhas, Dany Boon, Sandrine Kimberalain, Emilie Dequenne, Deborah François, Hiam Abbas
jury révélation : Maïwenn/Raphaël, Nicolas Fargues, Louise Monot, Aïssa Maïga, Romane Bohringer Mots-clés : USDeauville 2009,
Palmarès US2009
12 - 09
2009
L'événement de la journée, c'était l'hommage à l'invité d'honneur du festival, Harrison Ford, qui n'avait aucune actualité cinématographique à défendre mais de solides affinités avec le festival de Deauville qu'il a souvent fréquenté depuis sa création. Ce matin, je n'ai pas eu le courage de me lever pour sa conférence de presse, manque de motivation, manque de sommeil... Pour l'hommage de ce soir, les invit étaient, pour la première fois de cette 35° édition, difficiles à dégoter, ça s'est arrangé au dernier moment. Depuis 20h, les fans attendaient Harrison Ford devant l'hôtel Royal pour son départ en limousine vers le CID, espérant un autographe, une photo, il est sorti par l'arrière du bâtiment... Traversant la salle de 1200 places depuis son sommet, une arrivée de rock star, l'acteur craque sur scène, le visage dévasté par l"émotion et n'y fait pas de vieux os, repartant rapidement en coulisses.
Auparavant, je fais une halte au lounge Orange où j'ai le plaisir de rencontrer "en vrai" Bridget, ma consoeur du blog "Les Nouveaux cinéphiles" que je connaissais virtuellement depuis près de trois ans... qui devise avec Sandra de "In The Mood for cinéma", Melissa du blog "Une Dernière séance?" repartie aujourd'hui, le versant féminin des blogs ciné a donc été dignement représenté à Deauville avec quatre cinéblogueuses et tout de même... deux cinéblogueurs au masculin, Jonathan de "Tadah! blog" le WE dernier et Benoit de "Laterna Magica" ce WE-ci. Auparavant, une marche au grand air les pieds dans l'eau et une chaise-longue providentielle m'ayant engluée sur la plage une bonne partie de l'après-midi pour le probable dernier jour de l'été, je tente mollement un come-back vers le CID pour "Black dynamite", quelle bonne pêche! Parodie des films de Blackexploitation (qui ont largement inspiré Tarentino), c'est jubilatoire, je passe un des meilleurs moments du festival! Pour commencer, le réalisateur Scott Sanders a préparé un mime d'un trailer de Black dynamite plagié de ceux de l"époque, désopilant...
Après la rapide prestation d'Harrison Ford, la pimpante réalisatrice Anne Fletcher présente "The Proposal", une comédie romantique calibrée, formatée, un pur produit de consommation ciné plus qu'un film mais pas désagréable à regarder malgré la présence (encore!) de l'infatiguable Sandra Bullock, l'actrice Hollywoodienne caricaturale, anti-naturelle, ultra-mince, musclée, hâlée, pas la moindre ride sur le visage figé, les dents blanchies alignées au cordeau, la physionomie statique d'une statue, que lui trouve-t-on, mystère... L'acteur Ryan Reynolds qui lui donne la réplique (dans le rôle du secrétaire d'une éditrice tyrannique le forçant à l'épouser pour éviter l'expulsion) y est pour beaucoup pour sauver ce film et le craquant petit chien blanc aussi...
Michael Jai White et Scott Sanders, acteur et réalisateur "Black dynamite" / sortie 13 janvier 2010
Mots-clés : USDeauville2009 Scott Sanders,
Black dynamite,
Harrison Ford,
The Proposal,
Anne Fletcher
11 - 09
2009
Jean-Loup Dabadie, Elsa Zylberstein, Andy Garcia au CID
Journée paresseuse, les derniers moments d'été, le matin, Harrison Ford arrive avec sa compagne Calista Flockhart, escorté par la police locale, les fans l'appelent, il hésite et va signer quelques autographes à l'entrée du parking de l'hôtel Royal mais son jour J est demain samedi. Arrivé la veille avec sa fille comédienne, Andy Garcia est allé aussitôt se promener à Honfleur ; en retard, lui aussi, aujourd'hui pour sa conférence de presse avec Raymond de Felitta, le réalisateur du film "City island" projeté le soir, et sa fille Dominik Garcia-Lorido qui y joue le rôle de sa fille. Une comédie vaudevillesque qui ressemble plus à du théâtre de boulevard filmé qu'à une oeuvre de cinéma. Exit le séducteur des années 80, Andy Garcia, qui semble en symbiose avec son réalisateur comme s'il avait fait lui-même le film, verse dans la comédie familiale, le comique de situation, donnant de sa personne pour faire le clown et ça a plu aux festivaliers du CID.
Andy Garcia et sa fille Dominik Garcia-Lorido / sortie 20 janvier 2010
Pour l'hommage à Andy Garcia, outre Jean-loup Dabadie qui est au jury, on a invité Elsa Zylberstein, sa partenaire dans "Modigliani", l'actrice longiligne en plate robe blanche, extensions de cheveux et drôles de joues rebondies, se lance dans un monologue long et sophistiqué à l'adresse d'Andy Garcia, la salle s'ennuie, elle s'en excuse. Andy Garcia est si ému qu'il peine à trouver ses mots, on sent qu'il lui faudrait pouvoir utiliser sa langue d'origine l'espagnol, il tamponne ses paupières avec un mouchoir, on se souvient de sa réponse l'après-midi à la conférence de presse quand une question a porté sur ses débuts, il a répondu l'exil cubain, la consolation par l'art, les années de galère à ne pas être payé pour jouer. Aujourd'hui, il a réalisé beaucoup de ses rêves mais il insiste qu'il en possède encore en réserve.
Elsa Zylberstein et Andy Garcia, l'équipe du film "City island", Dominil Garcia-Lorido, Andy Garcia, Raymond de Felitta
Côté compétition, le jury a participé à une standing ovation cet après-midi pour un film déjà présenté à Cannes dans la section Un Certain regard qui semble faire l'unanimité : le bouleversant "Precious" de Lee Daniels, bien parti pour obtenir le grand Prix à Deauville. Lire la critique du film...
En fin d'après-midi, on avait mis le paquet pour réanimer le lounge Orange sur la pelouse devant l'hôtel Royal en invitant Emma de Caunes à venir mixer, Dany Boon (vraie star de ce 35° festival) et son épouse à faire un coucou, un peu toute presse sur place, une somité du CNC, etc... Opération réussie, l'heure du champagne aidant, c'était comble. L'occasion de poser pour la photo des cinéblogueurs/euses présents à Deauville included notre confrère Laterna Magica venu pour le WE.
3 cinéblogueuses à Deauville...
CinéManiaC, In The Mood for cinéma, Une Dernière séance?
3 cinéblogueuses + 1 cinéblogueur : Laterna Magica
(Melissa, Camille, Benoit, Sandra)
10 - 09
2009
Rebecca Miller et Robin Wright-Penn au CID
Coup de coeur, enfin, pour le film en compétition cet après-midi "Sin nombre" de Cary Joji Fukunaga. Un film dur et assez violent sur la rencontre entre un jeune homme faisant partie d'une Mara (gang) au Mexique et une jeune fille suivant sa famille dans un épuisant exode du Honduras vers les Etats-Unis. Condamné à mort par la Mara 13 Salvatrucha auquel il appartenait parce qu'il a vengé la mort de sa fiancée, Casper fuit et croise le chemin du train d'immigrés de Sayra. Ensemble, les deux jeune gens vont faire des projets. Même si ce n'est qu'en partie le sujet, on ne peut s'empêcher de penser au documentaire "La Vida loca" sur la Mara 18 au Salvador et la lutte à mort entre les gangs, réalisé Christian Poveda qui vient d'être assassiné sur place à moins d'un mois de la sortie du film (30 septembre).
sortie 21 octobre 2009
Un film pour lequel il a fallu quitter prématurément la conférence de presse de Rebecca Miller et Robin Wright-Penn qui avaient pas moins de 40 minutes de retard sur l'horaire! Venues présenter "The Private lives of Pippa Lee", les deux femmes ont eu le plus grand mal à décocher un sourire, la mine renfrognée, comme forcées d'être là. Le soir au CID, ça s'était arrangé, après tout de même 30 minutes de retard, recoiffées et habillées de frais, Rebecca Miller et Robin Wright-Penn, auquel le festival rendait hommage ce soir, s'étaient un peu déridé, l'actrice de "Forrest Gump" étant reçue sur scène par Claude Lellouch.
Robin Wright-Penn et Rebecca Miller lors de la conférence de presse de "The Private lives of Pippa Lee"

Quant au film "The Private lives of Pippa Lee", rien de bien neuf dans cette chronique personnelle mais pas autobiographique (comme l'a dit la réalisatrice cet après-midi) racontant les affres d'une femme à la fois mère de famille, épouse et tout le reste auquel elle a renoncé à regrets. Une femme trop parfaite qui a dissimulé son enfance traumatique et son passé dissolu, se rachetant en étant la meilleure épouse possible d'un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Chronique également sur le couple envisagé comme une douloureuse construction. Alternant présent et souvenirs du passé jusqu'à ce que les deux époques se rejoignent, hormis le personnage central de Pippa Lee filmé de manière intimiste, le reste est traité de façon très stylisée, parfois caricaturée (le mari couchant avec la meilleure amie ridiculisée, l'ancienne épouse se tirant une balle dans la bouche lors d'un déjeuner, le fils de la voisine recruté illico comme nouveau mec, la compagne gay de la tante faisant des photos érotiques avec la nièce, etc...) Avec un casting brillant de petits rôles : Julianne Moore, Winona Ryder, Keenu Reeves, Monica Bellucci. Un film de la fille d'Arthur Miller tiré d'un roman de Rebecca Miller elle-même.

Rebecca Miller et Robin Wright-Penn au CID
Mots-clés : USDeauville2009,
Sin nombre,
Cary Joji Fukunaga,
Rebecca Miller,
Robin Wriht-Penn,
The Private lives of Pippa Lee